Étrange sensation que de reprendre l’écriture de ce dernier post en regardant le lac par la fenêtre, comme si les retrouvailles avec Chloé à Strasbourg étaient déjà très très loin… Et pourtant, 10j seulement nous séparent de ce lundi où nous nous retrouvons sur le parvis de cette gare piégée dans une bulle de verre dans laquelle je suis si souvent arrivée en courant pour prendre le premier train pour Paris.
Chloé a 2h30 de retard, son train ayant percuté malencontreusement une “compagnie de sangliers” et moi j’ai les cheveux tout blanc d’avoir passé la matinée à défoncer du placoplâtre dans la future maison de mon pote Victor (intérim n°2 de cette aventure).

Quoi de mieux que 60km de canal du Rhône au Rhin pour faire le point de 8 mois de vie avec cette double maman, trop stylax avec ses lunettes de star, qui a accepté de laisser ses deux enfants et son chéri le temps d’une semaine pour venir pédaler avec moi sur la dernière étape du parcours. Un véritable honneur que cette personne si occupée m’accorde autant de temps !

Les nuits tombent de plus en plus tôt et nous finissons par allumer les frontales pour éviter les racines de ces beaux platanes plantés du temps de Napoléon. Le soir, nous sommes attendues chez Pauline à Colmar. Au deuxième étage de sa “maison en pain d’épices” en plein centre historique, nous nous retrouvons autour d’une bonne soupe chaude. Voyager à vélo, c’est aussi tenter sa chance, envoyer un petit message la veille au soir, renouer des liens et passer une super soirée en découvrant avec plaisir ce que sont devenus les vieux copains plusieurs années plus tard !

Le lendemain, nous choisissons la route des vignes dont les couleurs en cette saison valent bien quelques montées descentes.

A la pause, nous passons boire le café chez Seppi Gaz, mes anciens clients d’une métha sur laquelle j’ai bossé il y a un an et demi. Production de biogaz à partir de fumier, de lisiers, de résidus vinicoles, d’intercultures et de résidus d’Alpro, l’usine de production de laits végétaux située en face. Quel plaisir de voir un site niquel qui tourne à plus de 100% dès la première année (soit l’équivalent de 2,1 millions de litres d’essence) et puis Chloé pourra vous le confirmer, ça ne sent pas mauvais !

Nous repartons fort enjouées (on ne nous a pas servi que du café !) direction la Suisse. J’avais repéré une petite cabane à quelques encablures de la frontière. Mais encore une fois, la nuit nous surprend et nous terminons à la frontale. On se pose sous le toit de la grande cabane et je vois Chloé qui revient en courant “Tu ne voulais pas aller faire pipi ?” , “Si, mais j’ai entendu un bruit ! Et puis lui là bas, il fait peur !”, “mais c’est juste un tag, grosse !”. Loin de moi l’idée de dire ça pour me moquer, mais si ça peut rassurer les néophytes, même pour elle qui a été jusqu’au Japon à vélo, le bivouac en pleine forêt, c’est pas gagné ! Apprendre à travailler sa peur est aussi une des finalités du voyage à vélo (d’ailleurs, si vous ne l’avez pas lue, je vous conseille la BD Plouhéran d’Isabel del Real qui en parle si bien). Pétard, ce post vire à un bilan d’évaluation des acquis, du bon gros “Maylis life” comme dirait mon frère, promis je m’arrête là !

On nous avait promis une semaine de pur soleil en Suisse, mais nous écopons plutôt d’un soleil plus que voilé. Nous perpétuons donc la tradition des pauses café pour nous réchauffer les miches dans des boulangeries à 24°C ! La froideur des journées nous fournit également une excuse parfaite pour upgrader nos pic nic, sortir le réchaud à midi et cuisiner, en plus de la traditionnelle soupe en sachet, des raviolis rana trop bons (en doublant la quantité indiquée sur le paquet, bien sûr !), de la choucroutte, des galettes de pomme de terre… Et des marrons suisse en déssert ! On se lâche grave, les enfants de Chloé n’en reviendraient pas !!

Le sourire des Suisses a aussi de quoi nous réchauffer le cœur. Contrairement à nos attentes, ils sont curieux, nous saluent, s’arrêtent, posent des questions, nous félicitent, rien à voir avec la froideur pudique de certaines contrées d’Europe du Nord.
Un soir, dans la descente d’un col à la frontale (on fini par s’y habituer !), on s’arrête dans un village pour chercher de l’eau. Manque de chance, tous les robinets publics ont déjà été coupés pour l’hiver. Une voiture s’arrête devant un garage auto, je tente ma chance en arborant ma meilleure tête de chien mouillé. Je suis le garagiste dans un dédale de pièces détachées pour remplir la vache à eau dans les toilettes, entre les odeurs de cambouis et la pâte arma. Pendant ce temps là, ma comparse parle avec la dame et lui explique que l’ont va aller dormir dans la cabane de l’aire de jeu. David, le fils de la dame nous répond le plus naturellement du monde “mais il fait froid, venez donc dormir chez nous !”. Sa mère nous lance un regard gêné “D’accord, mais je vous préviens, c’est un peu le bazar, j’ai beaucoup d’animaux, et je travaille jusque tard”. Chloé grelotte, et puis ça n’est pas tous les jours qu’on se fait inviter par un gamin de 11 ans, nous acceptons donc de les suivre dans la nuit noire.

En pédalant, je me fais des films dans la tête, peut-être que Caro, la dame, a une ferme, qu’on va pouvoir l’aider pour la traite ce soir… En arrivant, David nous ouvre la porte d’un garage déjà fort encombré, “ne t’inquiète pas, on peut laisser le tandem dehors, pour une nuit ça ne craint pas trop, non ?”, “ah non, non, non”, qu’il répond, “si vous le laissez dehors, les renards vont vous bouffer les câbles !”, “mais vous avez beaucoup de renards dans le coin ?” “Oh oui, une bonne quinzaine !”. Ok d’accord, on va rentrer Jérem’ !
En entrant dans la maison, nous suivons David qui prend le premier escalier à droite pour rejoindre sa chambre. Une odeur âpre nous saisit. “Je vous conseille de ne pas poser les sacoches par terre, pour les chats”, “mais les chats ça grimpe, aussi”, répond Chloé, “Oui mais ça ne fait pipi que par terre !”. Vous avez l’idée. Dans la cuisine, Caro nous ouvre la porte de la barrière qui empêche les 6 chiens de sortir. De l’énorme berger de l’Est (j’ai bien dit de l’Est, beaucoup plus gros qu’un berger Allemand) au boulledogue qui ne peut pas s’empêcher de faire du bruit à chaque respiration. Je tourne la tête vers Chloé, fort peu amatrice de la race canine, et la vois qui prend sur elle +++. “Bienvenues dans le Sanctuaire !”. Caro nous explique qu’elle l’a ouvert officiellement il y a 3 ans, sous forme d’une association. Ici il y a plus d’une trentaine d’animaux, chiens, chats, perroquets gris du Gabon… Mais aussi tout un tas d’autres animaux recueillis ici le temps d’être placés ailleurs : pigeons tombés du lit, poulets trop chétifs pour passer en engraissement, cochon perdu, etc, etc. Caro a aménagé toutes les pièces de la maison pour ses animaux, qu’elle soigne avec la plus grande des dévotions. Chiens aveugles, chats atteints de coryza (infection hyper contagieuse chez le chat), elle a pris un abonnement prémium chez le véto à qui elle rend visite au moins deux fois par semaine. A l’intérieur, la maison n’est pas chauffée, mais chaque chat a sa couverture chauffante et chaque chien son fauteuil. Difficile de faire de la place sur le plan de travail pour couper les légumes (attention à bien prendre le set de vaisselle “humains” et non “animaux” !), Caro pousse aussi les affaires accumulées sur la table du salon, juste assez pour mettre quatre assiettes.

La stupeur une fois dissipée, nous découvrons ces deux êtres aussi atypiques que touchants. Caro a eu mille vies, entre la peinture pour ongles et l’élevage de chevaux nains, elle a aussi embarqué son fils dans la constitution d’immenses crèches de noël en bois ou de bijoux en perle. Elle nous raconte qu’enfant, elle a toujours aimé les animaux. Ses parents n’en voulaient pas, alors à 5 ans, elle a commencé à cacher sous son lit, des bébés mouettes tombés du nid pour les soigner. Placée en famille d’accueil aux Saintes Maries de la Mer à 7 ans, elle garde avec la Camargue et l’esprit gitan, un lien tout particulier. Elle y va souvent et y est même retournée une fois en cheval ! David, quant à lui est un garçon extrêmement gentil, prévenant, curieux et poli. Difficile de croire qu’il souffre de graves troubles de la sociabilité et du comportement. En tout cas, tous les deux sont habités par la même sensibilité, la même envie d’aider, et cette fois-ci, les deux petits animaux recueillis pour la soirée… C’est nous !
En fin de soirée, les fameux renards viennent toquer à la fenêtre de la cuisine. Une maman renard dont Caro a soigné la patte cassée s’est installée dans la grange. Depuis, tous les renards du tiéquar se sont passés le mot. Ce soir, c’est croquettes pour tout le monde, avec supplément fromage + antibio pour celui qui s’est fait tiré dans l’oeil par un chasseur. Je n’en avais jamais vu autant ni aussi près. Leurs cris ressemblent à un piaillement strident, mais Caro nous assure que “se faire niaker par un renard, ca fait mal mais c’est moins dangereux qu’un chat, ils ont beaucoup moins de maladie !”. Bref, une épique soirée au sanctuaire dont on se souviendra pour les prochaines décennies. Comme quoi, pas besoin de partir bien loin de chez soi pour faire des rencontres mémorables !

Nous continuons notre route vers Neuchâtel puis Bâle avec un tandem de plus en plus fatigué… La roue libre de la roue arrière changée il y a 10 jours fonctionne de plus en plus mal. Nous perdons régulièrement les pédales sur un demi tour, puis un tour complet, puis deux. A chaque redémarrage, il nous faut patiemment retrouver à la main un cran qui accroche puis lancer le tandem en appuyant un peu mais pas trop sur les pédales de peur de reperdre le cran. Jérem nous amènera t’il jusqu’au bout ? J’ai un peu honte, mais par chance, Chloé prend ces galères avec la rigolade, ouf ! Au moins, en Suisse, on n’est jamais bien loin d’un arrêt de bus !

A Lausanne, nous sommes reçues chez Guillaume, un warmshower français expatrié depuis une dizaine d’année. Il nous paye une pizza et nous terminons la soirée au cabaret pour un spectacle d’impro ! Décidément, nos soirées ne se ressemblent pas !

Le matin, les yeux pas trop en face des trous, on se trompe de bateau entre Evian et Thonon. On remballe à toute vitesse notre petit déj déjà bien étalé sur la table pour chopper le bateau suivant avant de se prendre une amende à la Suisse.

Entre les arrêts intempestifs de Jérem en plein sur le pont de l’autoroute ou au milieu du rond-point d’Annemasse, on se demande à quel moment on va finir par appeler tonton JP pour qu’il vienne nous dépanner. Heureusement, pour cette dernière journée à deux, c’est Chloé qui choisit la play list et c’est Céline qui nous accompagne en musique jusqu’à ce que les enceintes décèdent en pleine BO de Titanic (dommage, c’était la seule que je connaissais !).
Tant bien que mal, nous longeons le Salève et arrivons à Annecy après de nombreux arrêts. Jérem ne fera pas un kilomètre de plus, à deux jours de l’arrivée, il va falloir changer le moyeux et re-rayonner complètement la roue arrière. Je n’ai encore jamais fait ça, mais nous sommes tombées au bon endroit ! JP le talentueux, expert de la roue de vélo depuis 30 ans nous dévoile tous ses petits secrets. A 20h30, on passe chez Mavic pour trouver la bonne taille de rayons et on attaque, après les pizzas, le rayonnage à 6 mains. 2h plus tard, la roue est centrée, alignée et Jérem de nouveau prêt pour des milliers de kilomètres, ou en tout cas pour nous emmener jusqu’à Chambé, shallah !

C’est un peu le trac ce matin en descendant à la gare, chacune sur un tandem, pour permettre à Catherine, la doyenne des intérims, de pédaler avec nous sur la dernière centaine de kilomètres. A la gare, la Mercat family est venue en force pour deux jours de pédalage, accompagnée de quelques copains. Shot de dopamine de retrouver tout ce joyeux monde d’un coup. Ça rigole, ça déconne, ça chante, ça fait des roulades dans l’herbe dans une bonne ambiance de cousinade à vélo dont il faudra reprendre l’habitude !

Nous longeons le lac d’Annecy en direction d’Albertville où nous sommes attendus ce soir pour faire la fête dans la ferme de Coco (mon intérim islandais). Un petit détour, certes, tout juste assez pour passer la barre des 16 000 km. C’est dans la montée finale de la ferme que Jérem décide de me lâcher une deuxième fois : trop de force dans les mollets du ministre, la chaîne pète à quelques centaines de mètres de chez Coco. Décidément, il est temps d’arriver !


Le soir, tout plein de copains et intérims nous rejoignent. C’est camping improvisé entre les serres et chop chop des légumes de la ferme tous ensemble : salade de chicons (fraîchement cueillis), soupe de courge et curry de légumes au lait de coco.

Y’a de l’ambiance, là haut, à 40 dans le grenier, à discuter et se raconter les anecdotes les plus croustillantes du voyage. L’occasion aussi pour chacun de rencontrer les autres intérims découverts à la lecture du blog. Lucilette, l’intérim n°1, Ale, le seul à avoir récidivé, Eneas, mon tonton ministre, mes deux frères, Alexis et Cyril, ma très chère collègue Marion, Elisabeta de Roumanie, la mouteur, Larounette et ses rouleaux à la cardamome, Coco qui nous ouvre gentiment ses portes, Catherine la sœur de ma mamie, Roulietta venue spécialement de Strasbourg et Chloé, la dernière de la liste ! Ils sont 13 de la petite trentaine d’intérims à s’être relayés sur la même mauvaise selle arrière du Tant d’aime 🙂

Le lendemain, petit réveil au cri du coq sur les enceintes. Par chance, le soleil est de sortie.

Quel bonheur de faire les derniers tours de roue sous les belles couleurs d’automne, accompagnée par tant de beaux sourires réunis, venus fêter la fin de ce périple qui aura été pour moi d’une intensité sans pareille.

Merci, Gracias, شكرًا, Gracie, Faleminderit, Ευχαριστώ, Teşekkürler, მადლობა, благодаря, Mulțumesc, Köszönöm, Ďakujem, Dziękuję, Tack, Takk, Tak, Danke, à toutes ces personnes qui nous auront fait un sourire sur le bord de la route, offert à manger, inviter à dormir, et bien sûr, à tous ces intérims qui m’ont rejoint pour un jour, une semaine, un mois et sans qui cette belle aventure n’aurait pas été possible. Rentrer après un tel voyage ne sera sûrement pas évident, mais je reviens avec la certitude que je suis, dans ma vie, fort bien entourée.

Et pour ceux qui auront encore un peu de patience pour me lire, voici le petit discours que je leur dédie 💜
Chers Intérims,
Je voulais profiter de cette soirée pour vous dédier ce petit discours de remerciements longuement médité en pédalant dans la campagne Allemande :
Quand tout va trop vite, un peu de temps, un temps pour prendre le temps de voir grandir les enfants…
Mais pétard de pétard ça ne va pas du tout, qui a mis le bordel comme ça dans mes notes ?!
Attendez, je regarde comment ça continue :
Des points d’exclamation pour s’émerveiller de la beauté du monde et de la richesse des hommes qui le peuplent.
Ah mais c’est pas mal en fait, et puis c’est plutôt bien écrit !
Des points d’interrogations pour réfléchir, découvrir, s’étonner, des guillemets à ouvrir pour échanger
Allez, j’arrête de plagier mes parents qui se seront bien évidemment reconnus.
Et dire qu’à mon âge, ils avaient déjà 3 enfants à qui ils tentaient tant bien que mal d’apprendre à faire du vélo et à jouer au tarot… Et moi, au lieu de m’inscrire sur tinder et refaire ma vie (comme si quelque chose était à refaire, d’ailleurs !), je décide de partir faire un grand tour avec mes potes, nawak.
Une idée un peu loufoque qui n’aurait jamais fonctionné sans vous, mes 30 intérims, qui avez posé des congés, passé des dizaines d’heures les jambes recroquevillées sur le siège d’un mauvais flixbus, loupé des correspondances, et pour certains ou certaines, laissé votre progéniture, vos amoureux ou amoureuses, tout ça pour venir vous irriter le derrière en pédalant avec moi quelques centaines de kilomètres. Et ça, personnellement, je le prends comme une immense preuve d’amour et d’amitié de la part de vous tous.
Bien sûr, il y a les amis de toujours, Lucilette, qui me connaissait déjà avant de savoir parler, Ele, ma copine du lycée et son dinosaure préféré, Coco qui a résisté à la pluie, au froid, au vent islandais et qui nous fait le plaisir de nous accueillir aujourd’hui, Chloé, Lara, mes potes de l’INSA, Marion, ma très chère collègue avec qui c’est un plaisir de bosser depuis presque 10 ans, Victor et Roulietta des années strasbourgeoises… Mais aussi Yasmine, Ale, Joanie, de belles personnes rencontrées plus dernièrement qui me font dire avec le sourire qu’il n’y a pas d’âge pour se faire de nouveaux amis… Ou encore Elisabeta, qui m’a fait l’honneur de m’accompagner à la découverte de son pays après une discussion d’à peine 5 minutes dans un bar !
Sans oublier mes frères, Alexis, le BBW marseillais, qui en plein dans l’intense écriture de sa thèse (hhhmmm), me rejoint deux semaines en Albanie et en Grèce pour me protéger des hordes de molosses déchainés… 15 ans que nous n’avions pas passé autant de temps ensemble ! Et le Rilou, qui réalise la prouesse de pédaler près de 2300km DERRIERE sa vieille sœur, mais qui par ma faute, ne remettra probablement plus jamais les fesses sur un tandem !
Ou encore ma mère, la plus expérimentée des tandémistes, toutes générations confondues, qui en plus d’assurer l’intendance, la constitution du programme de lecture et le réapprovisionnement en beaufort, chocolat lindt et thé lipton russe… (Elle pense à tout, ma mère…) Me rejoint pour 15j de voyage thématique sur l’audiovisuel public en Europe de l’Est.
Je n’oublie pas non plus Maya, ma petite cousine qui souffle ses 18 bougies aujourd’hui , ni le ministre de l’intérieur Eneas, mon boss Heribert et Catherine la sœur de ma mamie, qui n’ont pas eu peur des décennies qui nous séparent, et qui comme moi, pensent que l’intergénérationalité est une richesse dont il faut profiter, que dis-je, une richesse… à cultiver !
Mais aussi Loulou aujourd’hui, l’athlète algérien non voyant Si Achour, et toutes ces femmes qui sans me connaitre, ont eu le courage de pédaler avec moi le temps d’une journée, transformant Jérem’ en un véritable espace de dialogue et de confidence itinérant.
Un voyage de toutes les couleurs donc, où les semaines passent mais ne se ressemblent pas, où importent les paysages traversés, les personnes rencontrées, mais aussi les liens tissés avec vous tous, dans ces moments de complicité privilégiés qu’offre le voyage à deux.
Voyager avec autant de personnes différentes, c’est aussi apprendre de vous tous, qui un nouveau mot, qui des noms d’oiseaux, de poissons, de fleurs ou de champignons, qui une nouvelle recette, une autre chanson, mais aussi partager vos opinions, vos émotions et vos histoires personnelles qu’aucun podcast ne saurait égaler.
Bon, j’avoue, Jérem’ n’est certainement pas le destrier parfait, mais quel merveilleux outil pour attirer la sympathie et le regard amusé des passants, vous permettre aisément de me rejoindre, de pédaler ensemble sans jamais s’attendre, de s’entendre malgré le vent, de partager l’effort… Et la satisfaction de l’objectif accompli. Un objectif à la carte, selon vous, selon le vent. Tout n’est pas dans les kilomètres, puisque j’ai vu qu’il pouvait être plus facile de faire 160km à plat que 40 en tirant un follow me sur les côtes siciliennes…
Alors, encore une fois, merci à vous, qui vous êtes pris au jeu et m’avez supportée, dans les deux sens du terme. Cette année a été pour moi d’une intensité sans pareil, et je n’ai pas honte de le dire, dans ce voyage, j’ai souvent pleuré, mais jamais en cuisinant des oignons grillés.
Discover more from Tant d'aime
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
