Après deux bonnes journées de pause à Montpellier, nous reprenons la route avec Victor, mon deuxième compagnon de route, ou plutôt mon deuxième intérim’ de la pédale, comme les a dénommés Yann !

On était pourtant fin prêts à 22h, la veille du départ, quand Alice me demande si j’ai mal quelque part en me regardant me tripoter la gencive. “Tu veux un miroir de dentiste ? Il doit m’en rester un !” me dit Yann (comme si chacun en avait au moins deux dans sa salle de bains). C’est donc vers 22h30 que je constate que j’ai un gros trou dans une dent + une gencive infectée de l’autre qui me fait mal depuis quelques jours (coïncidence avec l’utilisation du fameux dentifrice ?!). En deux en temps trois mouvements, nous trouvons un rendez vous à 8h30 le lendemain pile à la sortie de Montpellier, et avec une double dose de chance, il se trouve que le dentiste en question est d’origine algérienne et qu’il met les bouchées doubles pour tout me réparer dans les 30 minutes de rendez-vous. En attendant, l’intérim a même fait les courses du midi, le cabinet de recrutement a vraiment bien choisi !


Nous repartons donc dare dare en direction de la mer et de la frontière Espagnole, au programme 5 jours de vélo assez intensifs pour rejoindre Barcelone en passant par les montagnes. Victor m’avait prévenue qu’il voulait bourriner, j’ai donc choisi un parcours en conséquence hihi. Samedi midi, mon ami Alejandro nous a réservé deux tickets pour la paella popular, l’objectif est donc posé !

Après avoir suivi la côte jusqu’à Port la Nouvelle et salué de loin les flamants roses, nous entrons dans les terres au niveau des Corbières qui ont bien souffert des récents incendies. Perchés en haut des montagnes, les châteaux Cathares (à ne pas confondre avec les propriétaires du PSG, rien à voir…) surveillent la route depuis près de 800 ans. Quelle motiv’ de construire sur ces bouts de roches pelées…


Le long de la route, la végétation est plutôt dense, entre chênes verts (une espèce de chêne méditérannéen qui ne perd même pas ses feuilles en hiver !) et oliviers sauvages. Dans certaines zones, les chênes ont les fesses à l’air, leur écorce leur étant retirée pour la fabrication du liège.
Comme prévu, nous roulons assez fort en se levant tôt le matin. Avec deux moteurs sur un même vélo, ça fuse sur le plat et les faux plats, avec une moyenne de plus de 20km/h, très au dessus des moyennes habituelles en voyage à vélo chargé. En montée, c’est un peu plus compliqué, mais là encore, la petite enceinte nous aide à faire passer le temps plus vite et après 4h de podcast “microbiote, tous en selle” (je ne sais pas pourquoi, le titre nous a parlé !), nous devenons de vrais experts de la faune intestinale.

A Soulatgé, nous tombons par hasard sur le petit marché hebdomadaire et on devient rapidement amis avec la moitié du village : avec l’anglais qui s’est arrêté là en voyage à vélo il y a 20 ans, qui n’est jamais reparti et qui vend maintenant les frites de son jardin, Anila, la vendeuse de fromage d’origine Albanaise qui garde ses chèvres en liberté, bien aidée par les nouveaux systèmes GPS, l’ami guitariste qui vient chanter pour gagner quelques pièces et acheter les dites frites et les dits fromages à sa fille, et puis Laurence et Christophe, un couple de septuagénaires dont la belle énergie rayonne tout autour d’eux. “A notre arrivée, pendant 7 ans, nous n’avions pas de voiture et on ne se déplaçait qu’en tandem, nous aussi ! Maintenant on est trop vieux et on ne l’utilise plus que pour les balades et pour aller en vacances à la mer”. Ça matche tout de suite et nous finissons par passer la nuit dans leur chambre d’amis.


Le lendemain, nous continuons notre route en passant par les magnifiques gorges de Galamus et leur ermitage perché dans la falaise. Au loin, le pic du Canigou porte une belle cape de neige immaculée. Nous ne le perdrons presque pas de vue jusqu’à la frontière Espagnole que nous franchissons au niveau du col d’Arès.


Le dernier soir avant Barcelone, on s’était promis une pizza. Nous repérons donc une bonne pizzeria dans la petite ville d’Anglès, demain il ne nous restera plus que 75km à faire avant Barcelone, parfait pour arriver à l’heure à la paella de 14h. Mais en pleine dégustation, mon ami Ale nous prévient, “attention, demain ils annoncent de fortes pluies pour presque toute la journée”. Armés d’une énergie toute nouvelle après la pizza, je convainc donc Victor de passer le dernier col de nuit en pédalant deux heures de plus. Arrivée à 22h après 140km et 2000m de dénivelé dans la journée, les fesses de Victor s’en souviendront 😉


Le lendemain, comme promis, la pluie tombe sans discontinuer, de quoi tester tout mon nouveau matériel gore tex et de terminer cette deuxième étape du voyage en arrivant à l’heure pour la paella, objectif accompli !

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