C’est sous une pluie fine mais continue que je commence donc mon périple Suédois. Forêt, petites routes, lacs, la Suède va nous plaire je pense !

En arrivant en banlieue de Stockholm, je suis agréablement surprise de recroiser des bouilles d’un peu toutes les couleurs. En effet, en Suède, 20% de la population est née à l’étranger et 33% a au moins un parent d’origine étrangère, à l’image de Ruth et Edwin, deux soixantenaires boliviens qui mettent leurs chambres en Airbnb depuis que leurs enfants on quitté le nid. Après avoir décroché le poste de pasteur évangélique hispanophone de la communauté de Stockholm (si, si, ça existe !), le couple et leurs enfants ont posé leurs valises ici depuis une vingtaine d’années.
A Stockholm, je retrouve Lara (alias Larounette dans la suite de cet article), ma pote de l’INSA, toujours autant le style avec sa veste gore-tex assortie au sac étanche. Mais par chance, la gore-tex, on ne va pas tant l’utiliser ! La météo indique une fenêtre de beau temps pour l’intégralité de la semaine à venir. Un soleil-plaisir, qui réchauffe le cœur mais c’est tout, loin de la chaleur caniculaire des dernières semaines, bienvenues en Scandinavie !

Après un bref repère géographique, je me rends compte qu’on est désormais beaucoup plus au Nord que Ushuaia n’est au Sud (Latitude de Stockholm 59°19 contre 54°48 pour Ushuaia, pour celles et ceux qui aiment les chiffres exact !), pas étonnant donc que le Soleil soit penché !
Dès son arrivée, après quelques péripéties Deutsche Bahnesques (faudrait quand même pas que les trains Allemands s’améliorent de trop !), Larounette est accueillies par de petites abeilles islamophobes accrochées partout en gare de Stockholm. Johanna, l’ex-coloc de Catherine (la soeur de ma grand mère dont vous entendrez parler dans quelques articles !) nous explique que dans quelques semaines, ce sera les élections en Suède. Même ce pays, pourtant si accueillant il y a quelques années, ne résiste pas à la montée de l’extrême droite. Cachés derrière leur mignonnes petites mascottes d’abeilles, ces derniers refusent même de se faire appeler d’extrême droite ! Déjà en coalition avec le gouvernement de droite actuel, ils ont bien serré la ceinture en termes d’immigration : 163 000 demandeurs d’asile en 2016 contre 6 700 en 2025. Leur slogan : “La Suède est pleine”, ce qui avec ses 24 habitants par km2, nous fait bien marrer… En tout cas, on croise les doigts pour qu’ils ne passent pas le 13 septembre prochain…

Larounette a déjà pas mal vadrouillé à vélo en Europe et d’ailleurs, l’itinéraire Stockholm – Göteborg, elle l’a déjà fait il y a une dizaine d’années maintenant, mais en tandem, ça c’est une première. Avec son jet-boil et son wild seat, Larounette est une véritable influenceuse de produits outdoor à ses heures perdues. Capable de vous convaincre en 3 minutes d’acheter n’importe quelle innovation (plus ou moins utile à mes yeux hihi). Alors bon, la connaissant, je me demandais un peu ce qu’elle allait ramener cette fois ci… Et c’est avec stupeur que je la vois déballer un énorme oreiller mémoire de forme ultra confort doté d’une housse amovible face hiver/face été, lavable en machine pour un entretien simple. Vous le trouverez dans votre décathlon le plus proche pour la modique somme de 19€99. Le site ajoute aussi qu’il est compact et léger, bullshit, mais à voir son air siiii heureux à tater la mollesse du-dit oreiller deux fois par jour, j’abdique en me disant qu’après tout, elle aussi, comme dirait mon frère, elle mérite le meilleur !

Par peur de voir la CB surchauffer en arrivant en Scandinavie, nous avions toutes les deux fait de méga courses respectivement en Allemagne et en Pologne. Mais, mais, mais, stupeur en entrant dans notre premier super-marché : les prix sont à peine 10% plus chers que chez nous, et encore… Nous partons donc avec les sacoches pleines à craquer de victuailles étrangères et nous devrons mettre les bouchées doubles pour terminer au plus vite le kilo de petits gateaux polonais pour pouvoir, enfin, goûter aux gâteaux Suédois qui nous rappellent les boites en carton d’IKEA !
Autre surprise des supermarchés suédois : la taille du rayon tacos ! Et oui, ici, le vendredi ce n’est pas poisson, non, non, non, le tacos-friday est une institution ! En tout cas, si les Suédois disent non à l’immigration, une chose est sûre, ils garderont les tacos…

La capitale Suédoise est construite sur quantité de petites îles. Au total, le pays en compte 267 000, soit loinnn devant les 1200 îles qui constituent l’archipel grec (#révisions). A la sortie, nous croisons même des pistes de ski à 0m d’altitude ! On est d’accord, ça ne vaut pas les Arcs, mais quand même ! Enfin ici, c’est surtout le ski de fond qui prime. En 1521, le futur roi Charles Ier Wasa, aurait d’ailleurs recruté son armée… en ski de fond ! Je ne sais pas si c’est vrai, mais aujourd’hui, la plus grande course de ski de fond du pays retrace son parcours.

Contre toute attente, ça grimpe sec à l’Est du pays, on alterne montée, descente, montée, descente, tant est si bien que je me retrouve avec un début de tendinite de la manette de vitesse !
Ça et là, entre deux forêts, de petites maisons en bois rouges parsèment le paysage. Un rouge qui tire vers le terra-cota, selon Lara, même si, après vérification, le terra cota c’est carrément plus orange que rouge, mais passons. Le premier soir, Sara, la maréchale ferrand du coin nous aide à trouver une source dans la foret pour faire le plein d’eau. En échange, nous l’aidons à couvrir son tas de bois. Elle nous explique que le Falu rödfärg, le rouge des maisons, est une peinture spéciale contenant de l’argile rouge riche pigments de cuivre de la mine de Falu. Pour repeindre ta maison, rien de plus facile, un camion spécial vient et projette la peinture directement à la lance sur les murs, pas étonnant donc que tout le monde ait le même RAL !

Tous les soirs, sur conseil de Johanna qui nous a partagé la carte, nous nous arrêtons dans de petites cabanes en bois, souvent situées à proximité de lacs. A regarder la carte, tachetée de points bleu, il y a l’embarras du choix ! Du petit étang… au plus grand lac de l’UE. En effet, le Lac Vänern = 5650 km2 = 128 lacs du Bourget. Il détrône même le lac de Van dans le ranking des plus grands lacs du voyage… En tout cas, malgré la fraîcheur, c’est baignade au moins une fois par jour !

A Regna, au bord du lac, nous plantons la tente sur le ponton du sauna municipal. Le soir, un monsieur vient l’allumer. Il nous raconte que l’hiver, ils font un trou dans la glace à la tronçonneuse pour alterner sauna et bain glacial. En partant, il nous laisse le cadenas ouvert, “profitez en, il a chauffé !”. Nous alternons donc sauna/plouf/sauna/plouf, bien contentes qu’il n’y ait pas encore 40cm de glace !


A la nuit tombante, en train de déguster nos bons petits plats au wok, nous admirons les formations en V d’oies bernaches et de grues cendrées. Mais WTF, pourquoi elles vont toutes vers le Nord ?!?! Après observation, en fait elles vont vraiment dans n’importe quelle direction… nous en concluons donc qu’elles doivent être en plein entrainement pour leur prochaine migration !

Côté animaux terrestres, on est bien garnies aussi ! En plus des chevreuils, nous apercevons quantité d’autres cervidés que nous identifions comme des daims, avec leurs bois pleins et leurs petits points blancs très bambi-style !


Un autre animal, domestique celui là, est très apprécié des suédois : le robot tondeuse ! Son job : garantir en toute circonstance une pelouse uniformément taillée au millimètre… gare à ceux qui s’échapperaient des limites de leur propriété !


Quand on roule, on met les watts avec Larounette, ce qui nous laisse le temps de faire de bonnes pauses café, parce qu’ici, Johanna nous l’a expliqué : quand tu payes un café… tu peux te resservir ! C’est le påtår, un concept de refill typiquement suédois ! Sans oublier nos quotidiennes pauses sieste, il faut bien rentabiliser l’oreiller…
Mais ce matin, la pause est à 11h, c’est l’heure du call avec Béa, ma banquière Crédit Coop ! Et oui, parce qu’en plus d’être une influenceuse outdoor professionnelle, Larounette prend également très à coeur la santé de mon épargne ! Ça c’est une amie multifonction, je vous jure !

Une fois n’est pas coutume, on écume tous les podcasts Radio France doté du mot de clé “Suède”. En plus du thème des immigrés dont je vous ai déjà parlé, les sujets suédois ne manquent pas. Nous en apprenons plus sur la récente entrée du pays dans l’OTAN suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, mettant fin à plus de 200 ans de “non alignement” militaire (ce qui ne veut pas dire que les Suédois n’avaient pas d’armée avant, au contraire, ils produisaient même déjà des avions de chasse et n’ont interrompu leur service miliaire que de 2007 à 2017).
Nous faisons également connaissance avec une figure française méconnue : Bernadotte, un maréchal de Napoléon (encore lui !), que les suédois élisent prince héritier du trône de Suède en 1810. Quelques années plus tard, il tient tête à ce même Napoléon dans la bataille de Leipzig, pas étonnant qu’en France, on ait rayé son nom des livres d’histoire (#traitrealapatriebouuuh). De toute sa vie, il n’aura jamais appris un mot de suédois, mais toujours est-il que le roi actuel est encore son p’tit p’tits p’tit p’tit fillot !

C’est aussi le moment d’approfondir nos connaissances sur IKEA, bien plus qu’un magasin de meuble, selon leur slogan… Qui n’est jamais rentré dans cet immense labyrinthe peuplé de cuisines chaleureuses et de meubles aux noms imprononçables… en ressortant les bras chargés de trucs qu’on avait pas prévu d’acheter ! Le géant suédois consommerait 1% de la ressource mondiale en bois produite chaque année (ce chiffre me parait juste délirant). Dont 20% provenant de la seule Pologne.
La Suède, c’est aussi le pays de la pop. Il y a ABBA, mais aussi tout un tas d’autres artistes hyper connus (ne me demandez pas les noms, je suis nulle), que vous ne soupçonnez même pas d’être suédois vu qu’ils chantent tous en anglais. La Suède a d’ailleurs le record de victoires à l’Eurovision ! Explication : les suédois n’auraient rien d’autre à faire pendant leurs longues soirées d’hiver, alors quoi de mieux que de composer, chanter, swinguer sur les rythmes entrainants qui deviendront les plus grands tubes de pop planétaire ! I, I follow, I follow you deep sea baby !!

Enfin, comment passer en Suède sans parler de Greta qui, malgré son jeune âge aura réussi, au moins un temps, à remettre l’écologie sur le devant de la scène internationale. Nonobstant le contexte actuel, l’écouter nous donne des frissons et nous remotive pour l’action, le meilleur des outils contre l’éco-anxiété (si seulement Macron le savait…).
Tous ces podcasts nous font presque oublier les heures passées sur la selle à pédaler et on se retrouve avec presque une journée d’avance sur notre planning ! Parfait pour aller faire un petit tour sur les îles de au Nord de Götteborg. Mer Baltique, Mer du Nord, Mer de Kattegat, ça reste un débat, mais les paysages sont à couper le souffle. Pour le prix d’une ticket de bus, nous prenons de petits ferry qui nous font passer d’une île à l’autre.

Le dernier soir, nous plantons la tente sur la petite île de Dyrön, un caillou d’à peine 1km2. A la tombée de la nuit, sur la plage, nous avons même la chance d’apercevoir un marsoin, à ne pas confondre avec son cousin dauphin, nous explique Chris, notre chauffeur de bateau du lendemain matin : le marsouin est plus petit, il a un nez moins long, il nage seul et il ne joue pas avec les bateaux.

Avant de partir, je plonge pour essayer d’en apercevoir, et profiter une dernière fois du masque de plongée avec vision panoramique de mon frérot, qui repartira dans les bagages de Lara. Mais les grosses méduses me dissuadent d’aller plus loin. Alala, si seulement j’avais eu, comme lui, un “protocole cétacé” !

Le lendemain, nous arrivons chez Hugo, un pote d’ultimate de Lara méga mims, qui nous accueille dans sa petite maison nous et tout notre bordel. En contrat avec Volvo (encore un grand nom Suédois !), il habite ici depuis 3 ans. Il était temps, la pluie reprend ses droits et on mesure d’autant plus notre chance d’avoir pu profiter de ce qui fut peut être la dernière semaine de l’été suédois !

En tout cas, rien de mieux qu’un guide pour découvrir la ville. Hugo nous promène un peu partout et nous fait monter pour un petit passage aux toilettes du 36ème étage pour admirer la vue !

Le soir, en rentrant, un petit bouquet attend Larounette devant la porte… de la part de Rafou, son amoureux, quel boss ! Avec plus d’une vingtaine d’intérims, dont une grosse moitié en couple, ce voyage aura aussi été pour moi d’observer les amoureuxses de mes ami(e)s, de voir comment ils géraient la distance, tous avec leurs langages de l’amour bien à eux, mais celle là, personne ne l’avait encore jamais faite !

Tkt Rafou, le retour de Larounette est déjà bien engagé et toutes ses correspondances Deutsche Bahn ont marché, pour une fois ! Tu la reverras donc ce soir, shallah !
Pour ma part, j’embarque demain matin sur le 6ème ferry du voyage, direction le Danemark. Un trajet que j’aurais aisément pu faire à pied il y a à peine 12 000 ans, puisque à la fin de la dernière ère glacière, le niveau de la mer était une centaine de mètres plus bas, de quoi se balader les pieds secs jusqu’en Angleterre !
Bref, pour cette fois, au Danemark, je n’y resterai pas longtemps, parce qu’ici, on nous l’a bien dit : “Les Danois sont horrrrrribles” !!! L’amour des voisins est donc universel…
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